Visconte-Szathmary

Duo Violon Violoncelle Frédéric Visconte-Ladislav Szathmary

« La sonate pour violon et violoncelle composée par Maurice Ravel  en avril 1920 est dédicacée à Claude Debussy. Cette œuvre est dans la mouvance des compositions pour effectifs réduits de l'après Première Guerre mondiale dont L'Histoire du soldat d'Igor Stravinsky est l'archétype. (Période de restriction qui correspond un peu à la nôtre)

La création en eut lieu le 6 avril 1922 avec Hélène Jourdan-Morhange au violon et Maurice Maréchal au violoncelle. » (Wikipedia).

 Hélène Jourdan Morhange était l’amie de Ravel, et c’est à ce titre qu’elle est surtout connue aujourd’hui puisqu’elle a beaucoup écrit sur Ravel et participé à de nombreuses émissions sur le compositeur. On la connait moins comme violoniste puisqu’elle a dû mettre fin très vite à sa carrière, étant atteinte d’une arthrite des mains. C’est elle aussi qui est la dédicataire de la sonate pour violon seul de Ravel.

 Quant à Maurice Maréchal sa réputation internationale et l’influence qu’il a eue sur tous ses élèves au Conservatoire de Paris font de lui le pilier central de l’Ecole Française du violoncelle.

 

visconte-szathmary.jpegC’est tout naturellement autour de cette œuvre de Ravel que le « Duo Visconte-Szathmary » s’est constitué, et, rien que pour cela, cette association de deux musiciens au talent exceptionnel se justifie, car le répertoire de ce type de formation « a minima » n’est pas des plus fournis. Chacun des deux instruments possède, certes, de son côté, un volume important de répertoire de toutes les époques, seul, avec piano ou avec orchestre, mais leur association n’a produit que des œuvres fortuites, très souvent à but pédagogique plus qu’artistique, puisqu’il n’existe pas et n’a jamais existé, à proprement parler, d’ensemble stable et constitué pour se produire en public dans cet effectif.

Aussi les quelques œuvres qui existent, dont cette sonate de Ravel, sont généralement aux programmes d’ensembles « à géométrie variable » qui délèguent deux de leurs musiciens pour l’interpréter au milieu d’oeuvres dans lesquelles tous les musiciens de ces ensembles sont mis à contribution. Il en ressort que, quel que soit le talent des deux « désignés d’office », l’œuvre étant montée un peu rapidement, si ce n’est « à la va vite », l’interprétation s’en ressent considérablement.

 

Ce n’est naturellement pas le cas de nos deux artistes, car la somme de travail qu’ils ont investie pour mettre au point cette sonate, aussi bien que le reste de leur programme, a donné des résultats impressionnants au concert qu’ils ont présenté dans le cadre du Festival de Musique Française de Ville d’Avray le 23 juin 2013, premier concert d’une série que l’on peut souhaiter longue et fructueuse.

 

Le reste du programme n’est pas un « faire-valoir » pour la sonate de Ravel ou un « pis-aller » pour compléter le minutage d’un concert normal. L’Aubade op.133 de Benjamin Godard (approximativement contemporain de Debussy) est un modèle d’écriture «à la française» telle qu’elle était enseignée à Paris à l’époque et qui a donné des styles qui savent être «charmants » comme ceux de Saint Saëns ou de Gounod. Le duo d’Offenbach est une œuvre très conventionnelle qui n’a rien à voir avec ce qui a fait la réputation du compositeur, à savoir la bouffonnerie. On oublie trop qu’Offenbach était violoncelliste, qu’il avait une formation très classique si ce n’est austère, et qu’il n’a pas écrit que des polkas. Il n’est pas certain, par ailleurs, qu’il soit devenu ce qu’il fut s’il avait vécu ailleurs qu’à Paris à son époque, car il a su capter l’esprit français, et jusqu’aux variations de la mode parisienne, comme aucun autochtone n’aurait et n’a su le faire.

 

C’est le rôle du Festival de Musique Française de Ville d’Avray de présenter à son public, depuis 34 ans, des programmes originaux qui se démarquent des programmations des Festivals et des Sociétés de Concerts habituels, tout en les complétant dans un domaine qu’ils ont tendance à négliger.

Certes Mozart, Verdi, Brahms, et les quelques génies incontournable de la Musique, doivent avoir leur place dans la diffusion. Leur place, certes oui, mais pas toute la place. Car ils n’auraient pas été ce qu’ils sont s’il n’y avait pas eu « les autres », qui leur ont appris leur métier et qui, bien souvent, ont eu à leur en remontrer sur bien des points. Oui, c’est seulement à partir du travail des autres que l’on peut véritablement apprécier le talent et le génie des incontournables Bach, Beethoven….

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