Bernard Cavanna

Bernard CAVANNA

 

Beaucoup de monde au concert monographique consacré à trois œuvres («  Karl Koop  Konzert », « Trois strophes sur le nom de Patrice Lumumba » et « A l’agité du bocal » ) de Bernard Cavanna ( http://www.bernardcavanna.com ) avec l’Ensemble Ars Nova

( http://www.arsnova-ensemble.com ), à la Cité de la Musique le 13 décembre 2014 : compositeurs venus saluer un confrère qu’ils estiment, musiciens qui affichent ses œuvres à leur répertoire, professeurs et élèves du Conservatoire de Gennevilliers qui « adorent » leur Directeur, (ce qui n’est pas courant), joints au public habituel de la salle.

 

Cavanna est un compositeur avec qui il faut compter. Il est incontournable. Ses œuvres, toujours surprenantes, ne sont pas des essais expérimentaux : ce sont des œuvres abouties, excluant tout bavardage  comme tout tâtonnement.

 

Il ne pouvait passer à côté de Céline qui est un peu son « alter ego » en littérature, et le choix qu’il a fait d’utiliser comme support à sa création le célèbre « A l’agité du bocal » correspond à son tempérament profond.

 

Comme pour justifier sa démarche de créateur Bernard Cavanna donne sur ses œuvres quelques indications techniques qui le rattache à la tradition, comme l’utilisation de modes pentatoniques, ou la transposition en notes musicales des lettres d’un nom de référence (comme dans le « B.A.C.H » utilisé si souvent par les classiques), mais est-ce bien nécessaire, car là ne réside pas son originalité ni l’intérêt de sa musique ; à l’écoute, ce que l’on retient surtout  ce sont les « tuilages » savamment dosés dans leur durée, dans leur nuance, dans leur timbre (emploi d’instruments inusités ou emploi de « modes de jeux » particuliers sur les instruments traditionnels). Il n’y a pas, là, de « contrepoint » à proprement parler, tel qu’on entend ce terme traditionnellement, mais des superpositions « d’objets sonores » qui s’entrechoquent, s’agglutinent ou se fondent entre eux.

 

Il est certain que cette musique peut se révéler toute autre à l’enregistrement, car la prise de son peut en modifier ce qui fait en grande partie sa spécificité, en particulier l’équilibre des instruments. Nous vivons une époque où le son en soi, sa densité, son intensité, sa couleur, revêt une importance primordiale, à l’égal sinon davantage que les rapports de hauteur et de durée. Et quoi de plus facile que de modifier, a posteriori, les sons enregistrés sur des pistes différentes, par la simple manipulation d’un bouton d’enregistreur que l’on actionne. Le preneu de son est donc devenu aujourd’hui le complice indispensable du compositeur, comme, jadis, l’était le luthier, et même davantage.

 

L’Ensemble Ars Nova s’est montré à la hauteur de sa grande réputation, dirigé par Philippe Nahon avec une grande maîtrise, dans la souplesse et la précision. Très belle prestation des solistes, Pascal Contet à l’accordéon, Hélène Desaint altiste et les trois ténors Christophe Crapez, Paul-Alexandre Dubois et Euken Ostolaza

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