H desarbreS’il est, à Paris, une programmation musicale particulièrement bien pensée et adaptée au lieu qui l’accueille c’est bien celle de l’église du Val de Grâce (277 rue St. Jacques) ; et son concepteur, l’organiste Hervé Désarbre, possède toutes les qualités pour en assurer la qualité, la diversité, l’opportunité, l’originalité. Sous ses doigts l’orgue du lieu, dont il est titulaire, résonne dans toute sa spécificité. Construit par Cavaillé-Coll, de taille modeste mais proportionnée, il s’adapte facilement à toutes les esthétiques pour qui sait le toucher.

Orgue val de graceLe concert du 1er mai 2016 associait avec bonheur les sonorités archaïques de l’Ensemble de Musique Ancienne Pierius composé de chanteurs solistes et d’instruments anciens (sacqueboute, dulciane, etc…) à celles de l’orgue dans un programme d’œuvres des 16ème  et 17ème  siècles (Lassus, Roberday, Gabrieli, Victoria, Louis Couperin, Cabanilles, d’Helfer) ayant pour thématique « François Mansart – Anne d’Autriche », personnages à l’origine de la construction du Val de Grâce.

Les musiciens de l’Ensemble Pierius, tous d’un très haut niveau artistique et technique, ont utilisé avec bonheur la configuration du lieu en investissant les loges aux quatre coins du chœur, de façon à envelopper le public (nombreux) par un effet de « stéréophonie » comme il est de tradition de le souligner à St. Marc de Venise. On a pu apprécier la différence du résultat sonore ainsi obtenu lorsque, pour certaines pièces du programme, les musiciens se regroupèrent dans le chœur, jouant assis ou debout, pour mettre en valeur certains procédés d’écriture utilisés par ces compositeurs pré-classiques, comme, par exemple, les « chromatismes retournés » si chers à Bartok.

 

Le prochain concert de la série sera un hommage à Erik Satie, le 5 juin prochain.

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