Louise BESSETTE

Louise Besette : Hommage à Gilles Tremblay

bessette.jpgTrès beau concert que celui de la pianiste Louise Bessette donné le 23 juin 2012 dans le cadre du Festival de Musique Française de Ville d’Avray, proposant un programme d’hommage au compositeur Gilles Tremblay à l’occasion de ses 80 ans, avec le soutien du Conseil des Arts et des Lettres du Québec.

 

Rappelons que la carrière internationale de Louise Bessette s’est beaucoup développée à la suite du brillant Premier Prix qu’elle a remporté en 1986 au Concours International d’Interprétation de la Musique Contemporaine pour piano de Saint-Germain en Laye.

 

bessette6.jpgLe programme débute par « Des jardins secrets » (2011)  de Serge Arcuri, pièce enrobée de mystère, dans laquelle se succèdent des fusées de feux d’artifice qui laissent des traces lorsqu’elles retombent en éclairant différent types de jardins, anglais, français, japonais. Musique presqu’exclusivement linéaire mais qui devient agrégative par le seul jeu des pédales judicieusement réparties.

 

tremblay13.jpgLes deux pièces de Gilles Tremblay qui se succèdent (« Traçante, auprès au loin… » et Musiques de l’eau »)  font, elles aussi, grand cas de la résonnance du piano par le jeux subtil des pédales, mais dans une conception toute différente, ce qui donne à l’instrument un rôle prépondérant dans la conception de la musique, et aboutit à toute une série de couleurs variées, les une chatoyantes, les autres sombres. Louise Bessette maîtrise à merveille cette technique et donne à ce procédé toute son ampleur.

 

Les « Regards des Anges » de Messiaen (qui fut à Paris l’un des Maîtres de Tremblay) illustre à merveille la théorie de Messiaen sur les « personnages rythmiques ». Les uns après les autres ces « personnages musicaux » entrent en scène » puis disparaissent au profit des suivants, puis réapparaissent sous une forme qui, si elle est différente, n’en est pas moins toujours très identifiable. En quelque sorte un jeu de « chaises musicales » qui permet à l’auditeur, même le plus béotien, de s’y retrouver facilement dans la complexité du discours et de suivre la logique de la pensée du Compositeur comme s’il s’agissait d’une forme classique, fugue ou sonate par exemple, au parcours bien établi. C’est là que réside le summum de l’art qui sait allier le plaisir des sens par la qualité sonore de l’agencement des lignes et des agrégats à la qualité intellectuelle d’une construction immédiatement perceptible par l’auditeur.

 

Suit « La soirée dans Grenade » de Debussy, puis « Entre mer et Chanterelle » (2010) de François Dompierre.

 

Le concert prend fin avec la « Suite andalouse » (1928) de Ernesto Lecuona, qui comprend six mouvements de danses espagnoles traditionnelles merveilleusement adaptées au piano en ce qu’elles font sonner l’instrument dans toute sa richesse.

 

Programme bien équilibré entre œuvres nouvelles, œuvres de référence et œuvre ancienne d’un compositeur peu connu (E.Lecuona), et qui ont, pour la plupart, des liens communs : celui d’avoir été écrites soit en hommage à Gilles Tremblay, soit à la demande de Louise Bessette, soit les deux.

 

bessette4.jpgIl convient de louer le talent et la générosité de Louise Bessette pour le grand éclectisme dont elle fait preuve en abordant tous les répertoires et en premier lieu celui de notre temps avec un égal bonheur. Elle est en cela la digne émule du regretté Claude Helffer qui a passé toute sa carrière à diffuser la création et à susciter des œuvres nouvelles.

http://www.louisebessette.com/francais/

 

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