Les Saisons de Haydn par l'Ensemble Polyphonique de Versailles

19/11/2009. Eglise Ste Croix des Arméniens. Paris  (http://epv.asso.fr)

« Les Saisons » de Haydn par l’Ensemble Polyphonique de Versailles joint à l’Ensemble Vocal du Chesnay, orchestre « Les Muses Galantes », direction Silvio Segantini

 

Les deux ensembles vocaux, piliers de ce concert, qui forment un collectif d’une centaine de choristes, furent au départ une affaire de famille : l’Ensemble Polyphonique de Versailles fut créé en 1967 par Simone et Fernand Roger, l’Ensemble Vocal du Chesnay vit le jour en 1989 par une décision de François-Marc Roger, fils des deux précédents. Bien que chacun possède un répertoire propre et des activités autonomes, il leur arrive ce fusionner pour présenter de grandes œuvres et l’énorme oratorio « Les Saisons » de Haydn en est une bonne occasion.

 

Le thème des saisons est un thème récurent dans toute l’Histoire de la Musique, du Moyen-Âge  à l’Impressionnisme et jusque dans la chanson d’aujourd’hui. Haydn a traité ce sujet comme l’aurait fait Bach avant lui dans ses grands oratorios, seul le langage a évolué. Nous avons donc des plages d’orchestre seul, des plages de récitatifs et d’arias pour les chanteurs solistes et des plages de chœur avec orchestre. Chacun a un rôle lourd et important. Le tout est très long et l’on a pris l’habitude (en France tout au moins) de faire quelques coupures dans la partition, qui ne lèsent en rien le déroulement du discours, comme on le fait très souvent dans le Messie de Haendel ou dans l’Oratorio de Noël de Bach. L’époque a changé et le public n’a pas la même notion du temps qu’autrefois, quoi qu’on fasse.

 

L’orchestre, en l’occurrence « Les Muses Galantes », se veut proche de la réalité sonore de l’époque. Douce illusion qui ne fait de mal à personne mais qui permet d’entretenir une polémique stérile. Notons, toutefois, que le résultat n’est pas toujours à la hauteur de ce que l’on pourrait souhaiter car cette volonté d’authenticité n’aide en rien à la mise en lumière de la pensée musicale et esthétique du compositeur. Comme je l’ai souligné au paragraphe précédent, l’époque a changé et ce n’est pas une histoire de diapason ou d’ornementation qui rendra le public moins impatient et plus réceptif.

 

Les solistes, Stéphanie Gouilly soprano, Patrick Garayt ténor et Jean-Louis Jardon basse sont tous trois d’excellents musiciens ; l’on sent qu’ils doivent être autant à l’aise dans tous les répertoires lyriques. Belles voix dans tous les registres.

 

Le chœur ne se ressent en rien de sa composition bipartite, les deux ensembles fusionnant à merveille du seul fait que c’est le même chef de chœur, Silvio Segantini, qui les fait travailler. Ce chef, digne successeur de François-Marc Roger disparu prématurément en 2006, connaît bien le métier de chef de chœur et aussi celui de chef d’orchestre, deux métiers très différents, voire opposés. Dieu ! que j’ai entendu d’oratorios massacrés par des chefs d’orchestre à qui l’on confie, au dernier moment, un chœur très bien préparé, et cela parcequ’ils n’ont aucun sens du chant choral (le contraire est vrai aussi). Silvio Segantini maîtrise bien ces deux techniques, et le résultat débouche sur une merveilleuse mise ne place et une authentique musicalité, plaçant les chœurs de Versailles-Le Chesnay parmi les meilleurs chœurs amateurs de France.

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