l'Ensemble Trielen interprètes trois oeuvres d'aujourd'hui

Chapelle St Bernard de Montparnasse, 16 mai 2009   (http://trielen.com/)

Ensemble Trielen (trio d’anches)

 

Paris regorge de lieux méconnus dans lesquels des interprètes de toutes tendances trouvent refuge pour présenter à un public souvent inhabituel des programmes de musique de toutes les époques et souvent des créations. A croire que nous sommes revenus au temps des catacombes ou, plus près de nous, à l’époque de la résistance où la pensée non officielle devait se cacher pour survivre et maintenir la flamme.

 

C’est un peu le cas de la Chapelle St Bernard incrustée dans la Gare Montparnasse. Les trois musiciens de l’Ensemble Trielen qui s’y produisent, Michel Hoffmann hautbois, Christophe Dravers clarinette et Philippe David, basson, ont conçu un programme contemporain composé de trois œuvres très dissemblables. Les compositeurs présentent leur travail en quelques mots : Henry Pauly-Laubry, Yassem Vodenitcharov et Jean-Claude Wolff le plus âgé des trois, le plus tendre et le moins cérébral.

 

Ces trois compositeurs ont un bagage solide et une liste d’œuvres conséquente à leur actif. Ils sont reconnus dans le monde de la musique contemporaine qui exclut si facilement ceux qui ne se conforment pas à la tendance générale.

 

Dès les premières notes on sent que l’ensemble a bien préparé son programme et qu’il a conscience de l’importance et de l’utilité de son choix. Le public présent le ressent et apprécie. Magnifique interprétation d’œuvres souvent ardues et difficiles à accepter pour un béotien.

 

C’est dans ce type de concert que j’ai fait connaissance, dans le public, de vrais mélomanes ; souvent ils n’hésitent pas à venir de loin, à braver le froid et l’inconfort des lieux pour le plaisir de la découverte. Sans s’être donné le mot ils se retrouvent au même concert pour assouvir leur passion dans une même communion. J’y ai rencontré souvent le poète Michel Passelergue qui n’hésiterait pas à assister à un concert de midi, de 5 heures et de 9 heures dans la même journée. Jadis j’y remarquais Maurice Fleuret avant qu’il ne devienne le Directeur de la Musique du Ministère Jack Lang, et même pendant qu’il officiait à cette fonction il continuait, comme après, à fréquenter ces concerts rares. C’est lui qui a inventé la « Fête de la Musique » dont son ancien ministre s’attribue maintenant la paternité. Fleuret connaissait la vie musicale française pour l’avoir vécue chaque jour sur le terrain, et à ce titre il n’avait pas usurpé sa fonction. On n’a jamais plus revu celà depuis, comme on ne l’avait jamais vu avant lui d’ailleurs.

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