Dominique de Williencourt

Dominique de Williencourt, Orchestre St Christophe de Vilnius, Jean Ferrandis

 

La perspective d’assister à un concert donné au Théâtre des Champs Elysées est toujours un ravissement car l’acoustique de la salle est assurément la meilleure que l’on puisse espérer. Et lorsque le programme est attrayant et les artistes d’un grand niveau technique et esthétique le bonheur est complet.

Ce fut le cas pour le concert du 28 octobre 2015 donné par le violoncelliste-compositeur Dominique de Williencourt (http://villiencourt.com) et l’Orchestre Saint Christophe de Vilnius dirigé par son chef fondateur Donatas Katkus et par le flûtiste-chef d’orchestre Jean Ferrandis (http://jean.ferrandis.free.fr )

 

En ouverture l’Orchestre déploie toutes ses qualités d’homogénéité, de timbre et de précision sur la Sérénade pour cordes de Tchaikowski, œuvre majeure du répertoire des orchestre à cordes ; la baguette onctueuse et enveloppante de Donatas Katkus, vieux routier de la direction d’orchestre plein d’expérience, y fait merveille. A l’évidence ce que recherche Katkus c’est la qualité du son, la mise en valeur de chaque pupitre, le bon déroulement de la phrase musicale, et non simplement la « mise en place » de la musique en conformité avec le solfège comme le font trop souvent la majorité des chefs qui se satisfont trop vite d’une exécution « en mesure », sans grande musicalité ni imagination. Avec Katkus la « mise en place » va de soi. Elle découle de son exigence esthétique, laissant aux musiciens le soin de respecter le solfège, ce qu’ils savent faire à merveille, c’est la base de leur formation.

Naturellement cette conception fonctionne avec un orchestre composé de musiciens de grand talent et, dans l’orchestre de Vilnius, ils sont tous à la hauteur, et particulièrement les chefs de pupitres.

dominique de wiellencourt - Bing

  1. Suivent, toujours de Tchaikowski, les « Variations sur un thème rococo », cheval de bataille des violoncellistes interpreté par la vedette de la soirée Dominique de Williencourt, très à l’aise dans cette œuvre virtuose parsemée d’embuches et de difficultés techniques qu’il surmonte avec un naturel parfait, tout en ne négligeant pas la musicalité. Une véritable prouesse.

 

Après l’entracte le flûtiste-chef d’orchestre Jean Ferrandis joue et dirige deux courtes œuvres transcrites par Gilles Silvestrini d’après des mélodies de Tchaikowski. Le caractère morbide de ces deux petites pièces a été bien rendu et par le transcripteur et par l’interprète.

 

Le concert se termine en apothéose par le concerto pour violoncelle op 16 de Dominique de Williencourt sous la direction précise et vigoureuse de Jean Ferrandis. L’œuvre, récemment éditée par les Editions Armiane-Fortin (editions_fortin@club-internet.fr ) adopte un langage très personnel qui fait fi des modes qui règnent depuis un certain temps chez les « compositeurs contemporains ». Œuvre lyrique avec de belles lignes mélodiques, œuvre rythmique, avec quelques effets de « modes de jeu » mais pas trop et avec discernement.

En résumé Dominique de Williencourt s’est montré, au cours de ce concert, dans sa véritable nature de « musicien à l’ancienne » qui, tels les compositeurs baroques, ou les Paganini, Chopin ou, plus près de nous, les Strauss, Bernstein, etc… ont fait carrière autant dans la composition que dans l’interprétation. Ce qui est devenu de plus en plus rare à une époque qui privilégie la spécialisation à l’extrême dans tous les domaines, et naturellement dans le domaine de l’Art et de la Musique.

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