Catherine Joly, concerts Liszt, 08/04/2011

Catherine Joly, 08/04/2011

 

Le foisonnement de lieux de concerts dans Paris, lieux souvent insolites, compense quelque peu, pour le mélomane, la disparition, dans la presse généraliste, des rubriques et comptes-rendus consacrés à la Musique Classique ainsi que la disparition des disquaires qui maillaient le territoire, disparition entraînant la chute des petits labels discographiques qui soutenaient si bien la création contemporaine et la promotion des jeunes musiciens. On se console comme on peut dans notre société où les brutes, les sauvages, les rapaces, les voleurs font la loi pendant que le citoyen ordinaire se résigne au mieux tout en en pensant pas moins, s’indigne parfois et le fait savoir sans résultat ou se plie à l’air du temps dans la grande majorité des cas sans véritablement s’en rendre compte puisque, malgré l’instruction publique,  obligatoire depuis si longtemps, on ne lui a inculqué aucune culture de quelque ordre que ce soit, si ce n’est celle du matérialisme immédiat et des jeux stupides.

 

Grâce à ces lieux de musique, et aussi grâce à l’abnégation de nombreux interprètes, la vraie Musique peut survivre à la cacophonie généralisée, à la vulgarité et à l’insignifiance envahissants.

 

A l’occasion du concert Liszt donné le 8 avril par Catherine Joly je découvre les belles proportions de l’Espace Culturel Georges Bernanos (Auditorium Saint Matthias, http://bernanosmusic.blogspot.com ) qui fait partie d’une grand complexe incluant l’église Saint Louis d’Antin. Un excellent piano trône sur une scène pouvant accueillir un petit orchestre, piano presque trop sonore pour la centaine (un peu plus) d’auditeurs que peuvent accueillir les rangées de sièges confortables disposés en gradins.

 

Je n’ai pas entendu Catherine Joly depuis bien vingt ans et je la trouve toujours aussi maîtresse de son clavier et de ses émotions, virtuose dans l’âme et parfaite interprète de Liszt qu’elle affectionne particulièrement. Elle se joue des difficultés techniques comme elle l’a toujours fait, ce qui lui permet de se consacrer entièrement à l’essentiel : le déroulement naturel du discours musical.

 

Se succèdent 2 chants Polonais de Chopin revisités par Liszt, l’inévitable Rêve d’Amour (je l’ai entendu jadis à Barcelone joué à l’orgue au cours d’un office, ce qui m’a beaucoup amusé), et les deux légendes Saint François d’Assise et Saint François de Paule. Pour terminer cette heure de musique (entre 13 et 14 h) : Prélude, Choral et Fugue de César Franck, œuvre dans laquelle la pianiste a su doser les plans sonores comme le ferait avec naturel un grand orchestre dans une œuvre bien orchestrée et bien dirigée, laissant dans l’ombre certaines parties, en soulignant d’autres qui doivent l’être ; avec un tel jeu la construction subtile de cette œuvre magistrale, exempte de tout bavardage, ressort d’elle-même. La superposition ou la juxtaposition des différents thèmes et sujets utilisés dans les trois parties apparaissent avec une grande évidence, sans lourdeur et sans qu’il soit besoin, à l’aide d’une présentation orale préalable, d’en définir la courbe cyclique qui saute d’elle-même aux oreilles attentives.

 

En bis la Campanella de Paganini si bien rendue au piano par Liszt et sa fidèle servante Catherine Joly. Très beau travail.

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