Bertrand Giraud, pianiste

Bertrand Giraud rend hommage à Jean Françaix

Jean Françaix aurait eu 100 ans en cette année 2012, et cet anniversaire suscite un engouement international pour son œuvre tel que, de son vivant, Françaix n’en a jamais connu avec une telle unanimité et une telle adhésion, bien au contraire (voir le site du centenaire à l’adresse http://www.jeanfrancaix.com ).

 

Il faut dire que Françaix, au tempérament très indépendant, n’éprouvait pas le besoin de se plier au « diktat » de quelque chapelle que ce soit, ni d’adhérer à une école de pensée, fut-elle prédominante comme le fut, à son époque, en France, le dodécaphonisme, le sérialisme et l’électroacoustique. Ses seules réactions, dans ce domaine qui est celui de la mode plus que de l’Art, fut de s’en moquer, comme il le fit avec son humour habituel, dans sa pièce « La promenade d’un musicologue éclectique » inscrite au programme.

 

giraud6.jpgCe qui caractérise le langage de Françaix c’est son professionnalisme exempt de tout bavardage, que ce soit du bavardage dans sa Musique ou autour de sa Musique. Professionnalisme de la facture, bien sûr, mais aussi et surtout professionnalisme de l’écriture pour les instruments dont il recherche toujours les limites, ce qui donne des œuvres toujours virtuoses, parfois à la limite des  possibilités techniques des instrumentistes. C’est cela, certainement, qui a constitué, souvent, un frein à sa diffusion, car, dans ses œuvres, l’interprète ne peut pas «truquer ». Il doit faire les notes. Et cet aspect des choses justifie, à lui seul,  l’initiative de Bertrand Giraud d’organiser chaque année, à Vanves, un concours international d’interprétation des œuvres de Jean Françaix (http://jeanfrancaixconcours.voila.net )

 

giraud9.jpgPrécisément, Bertand Giraud fut la vedette du concert organisé par le Festival de Musique Française de Ville d’Avray (http://fetivaldemusiquefrancaise.blog4ever.com ) le 24 juin 2012 au Château, où il présenta un programme d’hommage à Françaix, comme il l’avait déjà fait dans la même salle en 2006.

 

Les deux œuvres de Françaix inscrites au programme sont très significatives de son style et de son écriture : « Nocturne » et « La promenade d’un musicologue éclectique ». On y retrouve une écriture pianistique très élaborée, virtuose, teintée d’humour et de gaité.

 

giraud7.jpgPour équilibrer son programme avec des œuvres de référence et souligner une possible filiation si ce n’est une certaine admiration pour ses prédécesseurs, car on est toujours le fils de quelqu’un, bien que beaucoup d’artistes contemporains veuillent nous faire croire qu’ils ne sont les fils de personne, si ce n’est d’eux-mêmes, Bertrand Giraud interpréta les six préludes du premier cahier de Debussy et les « Valses nobles et sentimentales » de Ravel.

 

giraud3.jpgDans ces œuvres, comme dans celles de Françaix, Bertrand Giraud fit preuve d’une grande compréhension des textes, d’une virtuosité sans ostentation et toute naturelle, d’un toucher sensible maitrisant la violence aussi bien que la délicatesse, avec toutes les nuances intermédiaires, preuve, s’il en fallait, de toutes les qualités d’un très grand interprète.

(http://bertrandgiraud.pagesperso.orange.fr )

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×