Beaumarchais dans tous ses états

Beaumarchais dans tous ses états

 

Au Théâtre du Rond-Point l’Association Beaumarchais-SACD dirigée par Corinne Bernard termine sa saison 2010-11 avec la présentation, le 6 juin, de deux œuvres de ses boursiers 2010 : la projection du court-métrage d’animation « Mendelssohn sur le toit » de Jean-Jacques Prunès et la  mise en espace de l’opéra « L’expérience » de Denis Chevallier.

 

Les images de Jean-Jacques Prunès, animées avec brutalité, plongent le spectateur pendant un quart d’heure dans l’atmosphère qui régna à Prague (et dans toute l’Europe) pendant la Seconde Guerre Mondiale. La musique d’accompagnement de Michel Karsky prend en compte cette brutalité avec une grande virtuosité dans le traitement des instruments (clavier-percussion, piano)

 

L’opéra de Denis Chevallier qui suit, bien qu’il soit présenté dans une version écourtée, forme un tout homogène. Les parties coupées n’étaient peut-être pas indispensables puisque leur absence ne nuit pas  à la compréhension du sujet.

 

Le compositeur n’hésite pas à débuter son œuvre dans la grande tradition lyrique, avec une ouverture qui expose les différents thèmes utilisés au cours de la partition, dans un langage personnel  associant différents styles allant de Ravel à nos jours, tout en écartant soigneusement toute influence sérialiste.

 

Le plateau est d’un très haut niveau instrumental et vocal. La partie instrumentale, qui ne semble pas être une réduction d’orchestre mais une partition spécifique conçue comme telle dès le départ, est réduite à trois musiciens : le compositeur au piano entouré de l’altiste Samuel Hengebaert (remarquable) et du corniste Jean Seleskovitch tout aussi remarquable.

 

Les six chanteurs, très sobres dans leur jeu scénique, apparaissent très bien préparés. Ils assurent leur rôle avec une grande sureté, que ce soit la soprano Sterenn Boulbin, la mezzo  Béatrice Toussaint, le ténor François Rougier et les barytons Florent Baffi, Jérôme Savelon et Olivier Peyrebrune. Les intonations, très soutenues par la partie instrumentale, sont assurées sans défaillance.

 

L’opéra se termine par un beau sextuor vocal a capella qui apporte une couleur nouvelle et bien venue.  

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×